Présidentielles 2018: Lancement de la campagne électorale

Catégorie : Presidentielle 2018
Écrit par Super User Affichages : 815

Samedi, le 22 septembre 2018 a marqué le début d’un marathon de 14 jours dont l’arrivée est le fauteuil présidentiel, malheureusement pour un seul candidat.

Parmi les candidatures validées pour l’élection présidentielle au Cameroun pour l’édition de 2018, figurent trois qui retiennent l’attention. Aux côtés des cinq autres anciens candidats que sont Paul Biya (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), Garga Haman Adji (Alliance pour la démocratie et le développement), Joshua Osih (Social Democratic Front), Maurice Kamto (Mouvement pour la renaissance du Cameroun), Akere Muna (Front populaire pour le développement), Cabral Libii (Univers) est le porte-parole de la jeunesse camerounaise dont il porte toutes les revendications ; Serge Espoir Matomba (Peuple uni pour la rénovation sociale), dont l’essentiel du discours politique porte sur un dialogue inclusif autour de la question anglophone, et enfin Ndifor Afanwi Franklin (Mouvement citoyen national du Cameroun), campagne politique version « mission divine ».

Lancement de la campagne électorale

Social Democratic Front (SDF). C’est dans la région du Littoral, quartier de Bonabéri, Arrondissement de Douala 4è, que le SDF a choisi de débuter sa campagne. Les militants ont revêtus des T-shirts aux couleurs du parti, partageant des bulletins de vote de couleur rose aux passants. Les voitures dont les portières et capots étaient frappées des affiches à l’effigie du candidat circulaient en cortège. Les chants des militants dont la voix a été amplifiée par les coups de sifflet ont mis une ambiance sans pareille dans le centre administratif de Bonabéri. La suite de la campagne se poursuivra dans les localités de Bonaléa, Mbanga, Njombé, Manjo, Lonako, Nkongsamba et Melong, qui seront-elles aussi arrosées de ce message de « délivrance ». «……le changement est possible. Nous sommes sereins. Nous sommes dans cette élection pour la gagner. Je ferai le tour du Cameroun pour porter ce message au Camerounais. Nous allons libérer ce pays le 7 octobre. Il faut tourner la page et il faut aller de l’avant », s’est exprimé Joshua Osih.

Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Comme le SDF, c’est également à Bonabéri, au lycée bilingue plus précisément que le candidat du MRC a débuté sa campagne. Militants et sympathisants sont venus nombreux démontrer leur soutien à leur guide. Arborant des T-shirts sur lesquels étaient imprimés son effigie, ont brandi l’arbre de la paix, synonyme de manifestation pacifique sous l’œil vigilant des forces de maintien de l’ordre. Une caravane motorisé qui comptait les engins à deux roues, des taxis et un véhicule de propagande avec de hauts parleurs dont les klaxons se faisaient entendre tout le long du parcours jusqu’au carrefour Saint-Michel, s’est ajouté à l’effervescence de la mobilisation. Sous le slogan « Le Cameroun pour tous et ensemble », tous espèrent voir leurs rêves et espoirs se réaliser avec Maurice Kamto. Son discours, centré sur la résolution de la crise qui secoue leurs deux régions d’origine depuis bientôt deux ans, leur a sûrement redonné le tonus. « Bonaberi je vous entends, jamais je ne vous trahirai (…) Le massacre de nos frères anglophones n’est pas notre politique. C’est pourquoi je vous redis, dès que je suis élu, je me rendrai dans les villes et villages anglophones, j’irai dans les forêts chercher nos frères, j’irai en brousse essuyer les larmes de nos mamans, de nos parents, dans ces régions. Je reviendrai avec eux, afin qu’ensemble, on construise l’émergence du Cameroun ». Aux jeunes, il fait cette promesse «… je ne vous offrirai pas des ordinateurs qui ne marchent pas, mais la formation. Nous allons garantir une formation professionnelle à tous les jeunes, afin qu’ils puissent prendre part à la construction de notre beau pays ».

Univers. Pour ce parti, c’est un véritable déploiement à travers le triangle national. Environ 20000 personnes ont répondu présentes à son appel au stade Cité Cicam, ce dimanche 23 septembre 2018. Les militants, sympathisants et autres curieux ont d’abord occupé une partie du stade. Puis, progressivement, la foule a grossi. Le pic est atteint avec l’arrivée de Cabral Libii autour de 16h20. Le candidat du parti Univers est porté en triomphe par une foule hystérique, scandant ainsi ces mots : « Cabral, président ! ». Difficile pour le protocole et la sécurité de l’équipe du candidat, de frayer un passage jusqu’au podium. La bousculade est inévitable causant au passage quelques blessés.

A Ebolowa, la campagne est menée par Patrice Messanga Abessolo, le coordonnateur régional du mouvement 11 millions – Univers dans le Sud. Dix kilomètres de marche pour environ deux heures de temps n’ont pas ralenti les ardeurs des militants et sympathisants, partant du quartier New-Bell, traversé plusieurs autres quartiers de la ville pour échouer au marché central d’Ebolowa. Pour Eric Enam membre actif de Univers, « cette marche qui s’inscrit dans le marketing politique de notre parti est un message fort à l’endroit de ceux qui ont pris en otage ce pays. En fait, nous voulons démontrer aux populations que les dirigeants actuels du Cameroun ne dont sont pas des pièces uniques ». Une mobilisation pareille pourrait avoir des conséquences sérieuses sur le scrutin du 7 octobre dans cette zone contrôlée longtemps par le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais.

A Ngaoundéré, des tracts, des flyers, spécimens du bulletin de vote et projet de société de leur candidat ont été distribué aux passants. Partis de l’esplanade de la place de l’indépendance de Ngaoundéré pour le marché de Bamyanga, les militants et sympathisants du parti Univers ayant à leur tête le Pr Prosper Nkou Mvondo ont sensibilisé les citoyens et surtout la jeunesse de Ngaoundéré, à voter massivement Cabral Libii le 07 octobre prochain. En fulfuldé, langue locale la plus utilisée dans la ville de Ngaoundéré, les responsables dudit parti ont appelé les populations à croire en Cabral, l’espoir de tout un peuple, pour sa jeunesse, son courage et son dynamisme. « Nous invitons tous ceux qui sont-là à lire le programme de notre candidat, le candidat de la jeunesse. Nous leur demandons aussi et surtout de voter pour Cabral. Le programme du libérateur des énergies», a déclaré un militant.

Peuple uni pour la rénovation sociale (Purs). « Le destin du Cameroun est entre nos mains », tel est le message estampillé sur l’autobus qui conduira la caravane de Serge Espoir Matomba en vue de scrutin présidentiel du 07 octobre prochain. La méthode utilisée pour ce jeune parti politique dans la région de l’Est, est celui du porte à porte, ce qui inclut un contact direct avec les populations. Cela leur permet de comprendre le projet de sociéte qui se décline en cinq axes : l'éducation, la santé universelle, la sécurité, l'économie souveraine et la justice. « Nous voyons d’un bon œil cette façon de faire. Il est important qu’en dehors des médias, nous ayons la bonne information à la source. Ainsi, nous comprenons mieux l’idéologie du parti », a apprécié Paul Edouard Bassom, commerçant.

Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). « La force de l’expérience », tel est le slogan qui s’affiche à presque toutes les rues, les pancartes, les panneaux publicitaires et même les T-shirts. Les sympathisants revêtus de chapeaux, de pagnes qui portent l’effigie du candidat, de drapeaux, que peuvent accrocher les conducteurs de lotos et de taxis sur leurs engins s’identifient clairement au parti du flambeau ardent. Toute l’administration est mobilisée pour la victoire sans pareille au scrutin du 7 octobre 2018.

Front Populaire pour le Développement (FPD). « Au lendemain de mon élection, on écrira à la CAF pour lui faire part de notre impossibilité à organiser la Coupe d’Afrique des Nations 2019 », a déclaré  Me Akere Muna dans une interview. Justifiant les retards accusés dans la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 par l’égoisme de certains dirigeants camerounais, son objectif à court terme vise à sauvegarder l’image du Cameroun. « Une CAN mal organisée est une honte pour le Cameroun de par sa réputation. L'ouverture sur le Cameroun. Que ce soit dans le secteur de la communication, des infrastructures, des hôtels, et bien d’autres, le doute plane. Quand je prendrais connaissance de ces dossiers, je prendrai la décision qui s’impose pour sauvegarder l’intérêt de la CAN. Et si on n’est pas prêt, il faut avoir la modestie de dire qu’on a tout fait, mais nous ne sommes pas capables. Au lieu de s’entêter à foncer droit dans le mur ». Il a par ailleurs déclaré dans cette interview que le sport fait partie intégrante de son programme politique.