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Proche Orient : Jérusalem, capitale d’Israël

Catégorie : Universalis
Écrit par Ledroit Affichages : 419

Mercredi 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump décidait de manière unilatérale, de faire de la ville sainte, la capitale de l’Etat hébreu. Une décision qui vient ainsi relacer la question centrale de l’éternel conflit israélo-palestinien

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a salué un « jour historique ». Il est d’ailleurs le seul. La communauté internationale a soit critiqué, soit dénoncé cette action de plus du bouillant président Trump, qui, fonctionne à toujours à contre-courant du consensus diplomatique.

Toutefois, le président Trump ne fait que respecter deux agendas: l’un personnel, fixé pendant sa campagne pour accéder à la magistrature  suprême aux Etats Unis, et l’autre, institutionnel, le Congrès, ayant adopté en 1995 une loi ordonnant à l’administration de Bill Clinton de transférer la représentation diplomatique américaine à Jérusalem.

Le président Trump franchit la ligne que ses prédécesseurs n’auront jamais osé, au regard  de la sensibilité de la question. « Cela aurait dû être fait depuis longtemps »,a-t-il assuré.

Huit pays, dont l’Egypte, la France et le Royaume-Uni avaient demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Au cours de celle-ci, qui s’est tenue vendredi 8 décembre, quatorze pays – soit la totalité des membres du Conseil moins les Etats-Unis – ont condamné plus ou moins fermement la décision de Washington. Le Conseil a par ailleurs dénoncé une initiative non conforme aux résolutions de l’ONU.

Pourquoi Jérusalem est depuis longtemps une ville disputée ?

L’éclatement de l’empire Ottoman, à la fin de la première guerre mondiale, a eu comme conséquence, le conflit sur le partage de Jérusalem, ville considérée sainte pour les pour les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam.

La Déclaration Balfour. Le 2 novembre 1917, en pleine guerre mondiale, le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour, publie une lettre où il indique que son gouvernement est disposé à créer en Palestine un « foyer national juif. Ce qui est fait à la fin de la guerre, sur une partie du territoire.

29 novembre 1947 : l'ONU adopte un plan de partage de la Palestine en deux Etats indépendants, un juif et un arabe. Jérusalem est placé sous régime international sous le contrôle de l’ONU, qui garantit la liberté d’accès aux lieux de culte. Pourtant, en 1949, après la fin du mandat britannique et une première guerre avec les pays arabes, le jeune Etat d’Israël transfère sa capitale de Tel-Aviv à Jérusalem-Ouest.

Depuis la guerre de 1967 et la conquête des quartiers orientaux de la ville sainte, peuplés de Palestiniens, Israël considère Jérusalem comme sa capitale « indivisible et éternelle ». En 1980, la Knesset, le Parlement israélien la désigne comme « capitale réunifiée », mais aucun pays ne la reconnaît comme telle. L’ONU estime que le statut final de la ville doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens – ces derniers revendiquent eux aussi d’y installer la capitale d’un éventuel Etat Palestinien.

Quelle est la situation actuelle à Jérusalem ?

Aujourd’hui, la ville reste séparée en deux. La partie ouest, où se trouvent les institutions d’Israël (la Knesset et la plupart des ministères, la banque centrale…), est presque exclusivement peuplée de juifs (290 000 sur 300 000). La partie est, revendiquée par l’Autorité palestinienne, est peuplée par près de 500 000 habitants, dont 60 % d’Arabes et 40 % de juifs). Elle comprend la vieille ville, où se trouvent les lieux sacrés.

Quelles sont les implications de l’annonce de Trump ?

En dehors de son poids symbolique, cette annonce entraîne concrètement le déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Elle se situe actuellement à Tel-Aviv, la deuxième ville d’Israël, où sont installées les ambassades, dont celle de la France. A Jérusalem, la France a néanmoins un consulat, son point de contact avec l’Autorité palestinienne.

En fait, Donald Trump ne fait que mettre en œuvre une décision votée par le Congrès américain en 1995 et systématiquement repoussée tous les six mois par ses prédécesseurs, qui craignaient les conséquences de son application. Le président avait promis ce déménagement durant sa campagne, et souhaitait tenir parole.

Le processus de paix est-il menacé ?

Les Etats-Unis ont joué un rôle central de médiateurs dans le conflit israélo-palestinien depuis quatre décennies. Ils sont proches d’Israël, qu’ils ont soutenu de façon décisive durant les guerres israélo-arabes de 1967 et de 1973, et qu’ils aident aujourd’hui massivement. Cependant, les prédécesseurs de M. Trump ont revendiqué un rôle de médiateur impartial (honest broker), tentant de faciliter le dialogue entre les deux parties.

Se faisant fort de surpasser leurs échecs, Donald Trump a affirmé pouvoir résoudre ce conflit. Il a chargé son gendre, Jared Kushner, de multiplier les contacts avec les pays arabes alliés des Etats-Unis (l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte). Mais ces derniers ne peuvent que condamner la décision américaine sur le statut de Jérusalem, siège du troisième lieu saint de l’islam – la mosquée Al-Aqsa. Les Palestiniens, quant à eux, s’interrogent sur la nécessité de poursuivre un processus de paix qui ne leur a apporté quasiment aucun résultat.

Que peuvent faire les Palestiniens ?

Unies en apparence, les factions palestiniennes ont appelé ensemble à des manifestations. Jeudi matin, le Hamas, qui n’a jamais cru dans le processus de paix, appelait à une « nouvelle Intifada », c’est-à-dire à un soulèvement populaire comparable à ceux survenus en 1987 et en 2000.

Alliés historique d’Israël, les Américains et leur de président M. Donald  Trump ont-ils mesuré l’ampleur d’une décision susceptible d’exacerber davantage  les relations déjà très tendues entre Israël et la Palestine ? Où juste un mot de travers ou de trop réveille les démons belliqueux ?

Sources Le Monde