PREVENTION DES RISQUES PROFESSIONNELS: L’équation camerounaise

La Caisse Nationale de la Prévoyance Sociale (CNPS) a organisé, le 30 avril 2013,  en prélude à la fête du travail, la 17ème Journée africaine de la prévention des risques professionnels (JAP).


Placée sous le thème « Améliorer la collecte et la déclaration des maladies professionnelles pour mieux orienter la prévention et la prise en charge », la 17ème JAP s’inscrit dans la foulée d’une autre journée, celle mondiale de la sécurité et de la santé au travail qui se célèbre chaque 28 avril.  La CNPS, au cours d’une cérémonie organisée dans la salle de conférence de son siège social de Yaoundé, a associé à l’organisation de cette journée, le Centre Régional Africain d’Administration du Travail (CRADAT), le  Bureau sous régional d’Afrique Centrale du l’Organisation Internationale du Travail (OIT).  La conseillère technique au  ministère du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS),  Mme Galega Njiwam Anyagwe,  en lieu et place de son ministre, M. Grégoire Owona, dans son allocution, a tenu à préciser que : «  cette célébration doit être une occasion de collecter les données liées aux risques et maladies professionnels pour une meilleure prise en charge ».  Elle s’est par ailleurs prononcée  sur le bénéfice qu’a le Cameroun  à s’associer à ce mouvement de prise de conscience en tant que Pays en Voie Développement (PVD); étant donné que, ce sont les PVD qui enregistrent le plus fort taux de décès au travail.
2,34 millions de décès au travail dans le monde

Selon la directrice des Ressources Humaines de la CNPS, représentante de son directeur général, Mme Lydie Ze Meka, « les maladies professionnelles continuent d’être la principale cause de décès liée au travail à travers le monde ».  La directrice est revenue sur les estimations du BIT, selon lesquelles, sur 2,34 millions de décès au travail constatés chaque année, seuls 321 000 sont dus à des accidents. Les autres 2,02 millions de décès sont causés par différents types de maladies liées au travail, ce qui correspond à une moyenne de plus de 5 500 décès professionnels par jour.
Selon le MINTSS, les causes de l’accroissement  des décès liés aux maladies professionnelles sont multiples. Il s’agit notamment de la non-conformité des textes de loi avec la réalité du terrain, de l’insuffisance des médecins du travail, du nombre croissant des travailleurs du secteur de l’économie informelle. En outre, il a été  indiqué que les travailleurs  ignorent leur droit de la sécurité sociale, qu’ils craignent également la perte de leur emploi autant qu’ils montrent une absence de connaissance  des produits chimiques qu’ils sont amenés à manipuler dans le cadre de leur emploi. A titre illustratif, le BIT a exposé le cas de l’Amiante, un isolant industriel employé en Europe. Selon le représentant du BIT en Afrique Centrale, jusqu’aux années 1970, l’amiante a été largement utilisé dans de multiples secteurs d’activité à travers différents pays pour isoler des tuyauteries, des chaudières et des navires, fabriquer des garnitures de freins, renforcer le ciment et ignifuger de nombreux matériaux, « les personnes qui ont travaillé au contact de l’amiante à cette époque risquent désormais d’être atteintes de maladies imputables à l’amiante, telles que l’asbestose et  le cancer broncho-pulmonaire », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, pour le représentant du BIT en Afrique Centrale, les maladies professionnelles sont une épidémie. Certaines d’entre elles sont connues à l’instar des pneumoconioses et d’autres le sont moins à l’instar des troubles psychiques et musculo-squelettiques. Le coût humain des maladies professionnelles étant très élevé, il ne constitue donc pas une bonne base pour la croissance et le développement notamment dans les Pays en Voie de Développement (PVD). «Lorsque les maladies professionnelles s’invitent dans les entreprises, c’est toute la collectivité qui est atteinte tout comme la productivité, de fait, les charges liées aux soins de santé s’alourdissent pour l’Etat», a expliqué le représentant de l’OIT.

Des voies de solutions

La célébration de la 17ème JAP ambitionnait comme l’a déclaré Mme Galega Njiwam Anyagwe, de faire en sorte que « le travail n’ait pas pour objectif de causer la mort du travailleur mais de rendre sa vie plus décente ». C’est donc dans cette optique que des voies de solutions ont été avancées pour  remédier  à la situation. Ainsi, selon le MINTSS, il sera utile d’intensifier les contrôles mixtes CNPS et MINTSS au sein des entreprises à risque élevé. De même, il faudra vulgariser les listes des maladies considérées comme professionnelles et aussi rechercher les conditions d‘une bonne réparation des maladies en instituant en amont une sensibilisation adéquate et  détection précoce.                            
Pour la conseillère technique du MINTSS, des signes encourageant sont toutefois observables, on peut souligner la multiplication des ratifications des instruments internationaux notamment ceux du BIT et de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Mais, pour amplifier cette mobilisation contre les maladies professionnelles, il faut pallier le manque de données car au plan mondial -seule la moitié des données est enregistrée – et adopter un paradigme homogène de prévention des risques. Il serait par ailleurs opportun de détecter les risques sur la base de sensibilisation, de renforcer les dispositifs d’enregistrement et de renforcer les mesures de contrôle.  
Entre autres dispositions qui peuvent être prises, il a été évoqué l’opportunité de  mettre sur pied, au plan national, des services d’inspection au travail, un plan pour atteindre les travailleurs du secteur informel qui sont les plus exposés et aussi d’accroître la coopération internationale en matière de prévention, de collecte et de déclaration des maladies professionnelles.
Rappelons qu’une maladie professionnelle est une maladie contractée sous l’effet d’une exposition à des facteurs de risques imputables au travail. A l’échelon individuel, la reconnaissance de l’origine professionnelle d’une maladie exige néanmoins qu’une relation de cause à effet soit établie entre cette maladie et l’exposition du travailleur à certains agents dangereux sur son lieu de travail.
Willy S. Zogo

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