Juge Kéba Mbaye: Pionnier du droit africain

Né le 5 août 1924 à Kaolack, capitale du bassin arachidier du Sénégal, diplômé de l’Ecole William Ponty, Kéba Mbaye y devint instituteur pendant plusieurs années, avant d’être attiré par le droit. Il poursuit ensuite ses études, d'abord à la Faculté de droit de Dakar, puis de Paris et enfin de l'École nationale de la France d'outre-mer (ENFOM), dans la section magistrature dont il est breveté. Kéba Mbaye occupa les plus hautes fonctions dans la magistrature sénégalaise et le mouvement olympique.
Il exerça le métier de juge avec le statut de magistrat français pendant longtemps, mais opta pour la Fonction Publique de son pays, dès que celui-ci acquit son indépendance. Directeur de cabinet de différents ministères, président de la commission de codification du droit des personnes et du droit des obligations, il influença très fortement toute « cette explosion législative » que connaît le Sénégal depuis 1960.
En 1963, il est président de la Cour suprême du Sénégal pendant 17ans et devient le premier président honoraire de cette juridiction.
En même temps que ses importantes fonctions, il se consacre en outre à la recherche en matière de droit africain. Membre de la société de législation comparée et vice-président du comité international de droit comparé, il s’est attaché dans ses articles, ses conférences, ses études, à relater l’unité du droit africain, son originalité et ses vertus, à la « réhabiliter » comme il le dit lui-même, sans toutefois manquer de reconnaître ses faiblesses.
Il  a siégé dans de nombreux organismes des Nations Unies, a notamment participé comme membre et président aux travaux de la Commission des droits de l'homme (1972-1981), de la Commission chargée de rechercher la solution des différends relatifs à la convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement (1970-1979), du Comité spécial chargé d'enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l'homme de la population des territoires occupés (1975-1980), du Groupe spécial d'experts chargé d'enquêter sur les violations des droits de l'homme en Afrique australe entre autres. Il est un ancien Vice-Président de l'Institut international des droits de l'homme (fondation René Cassin) ; membre d’honneur de l'Institut international de droit humanitaire ; ancien président de la Commission internationale de juristes; président d'honneur de la Fédération mondiale des associations pour les Nations Unies; ancien président de l'Académie internationale des droits de l'homme; membre de la Société française pour le Droit international; Vice-Président de l'Institut international de droit d'expression et d'inspiration française; Rédacteur et Rapporteur général de la conférence de l'OUA qui a adopté la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. Président du Directoire chargé de l'exécution du traité relatif à l'OHADA (1992-1997) pour ne citer que ceux-là.
Homme d’éthique mais également essayiste, il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont l « L’organisation judiciaire au Sénégal », « Droit et développement en Afrique francophone de l’ouest »,  « les aspects juridiques au développement économique », dalloz 1966, p.121 – revue sénégalaise de droit, 1967, "L'harmonisation du droit en Afrique" entre autres. Il meurt en 2007.

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