Etats Unis : L’Amérique de Trump

Ceux qui s’attendaient à une rupture une fois Trump aux affaires seront déçus. Fidèle au Trump candidat, le président Trump met en œuvre le projet de société qu’il avait promis aux Américains. Lors de son investiture le 20 janvier 2017, Donald Trump en a annoncé les couleurs en déclarant lors de son discours : « América First ».

 Le 20 janvier 2017, le monde a assisté à son corps défendant à l’investiture de Donald Trump comme 45e président des Etats Unis d’Amérique, le président  élu le plus controversé de la planète.  Un outsider polarisant des sentiments mitigés, allant de la haine, à la peur en passant par la consternation.

Le pays est divisé et Donald Trump est le président de deux Amérique à Washington. D’ailleurs plusieurs manifestations aux côtoyé les cérémonies d’investitures, à l’instar de la Women March organisée le 21 janvier. Cette manifestation ayant  attiré plusieurs milliers de personnes.

 QUELLE SERA L’AMÉRIQUE DE TRUMP ?

 Fidèle à lui-même, l’homme des coups d’éclats s’entoure d’hommes au même tempérament que le sien. A titre d’exemple, Jeff Sessions , 70 ans  sénateur républicain dont la nomination au poste de ministre de la Justice (Attorney General) n’a pas manqué d’attirer des manifestants. Jeff Sessings a été accusé par le passé de racisme et ses prises de position sur l’avortement ou l’homosexualité lui ont valu l’antipathie de nombre d’Américains. Autre lieutenant de Donald Trump, le controversé Stephen Bannon, 63 ans, climatosceptique. Il occupera le poste de « stratège en chef » à la Maison-Blanche. Le secrétaire d’Etat quant à lui, Rex Tillerson, qui était jusqu’à sa nomination le PDG de la compagnie pétrolière Exxon Mobil, prendra la tête de la diplomatie américaine. Donald Trump a nommé Steven Mnuchin, 53 ans, ancien de Goldman Sachs et directeur financier de sa campagne électorale, au poste de secrétaire américain au Trésor, entre autres.

  « AMERICA FIRST »

 Le premier discours de Donald Trump en tant que 45e président des Etats-Unis reste dans la droite ligne de ses déclarations de campagne, la posture présidentielle en plus. Il a promis de «reconstruire le pays» et de lui redonner «ses rêves», «sa grandeur», «sa richesse», «ses frontières», «sa sécurité». Pour le nouveau président, le pays sera à partir de ce jour dirigé par une seule et même vision : « America first ! America first !» L’Amérique d’abord. Trump a ravivé la ferveur anti-establishment qui l’a portée à la Maison Blanche. « Nous ne transférons pas seulement le pouvoir d’une administration à une autre, mais le pouvoir de Washington D.C. à vous », le peuple. 

Sur le plan international, Trump a promis d’« éradiquer complètement de la surface de la Terre » le terrorisme islamique. Le président a aussi essayé d’appeler à l’unité du pays. « Quand l’Amérique est unie, elle est impossible à arrêter, a-t-il déclaré. Que l’on soit noir, métisse ou blanc, nous avons le même sang rouge de patriote dans les veines. »

  «LE TEMPS DES DISCOURS VIDES EST FINI, LE TEMPS DE L’ACTION EST VENU !»

 Le premier discours de Donald Trump en tant que 45e président des Etats-Unis, qui aura duré une quinzaine de minutes, reste dans la droite ligne de ses déclarations de campagne. Plus calme qu’à son habitude, la voix posée, Trump a, pour cette fois, tenu une posture présidentielle dans cette intervention qu’il avait annoncée comme «courte et percutante». Après avoir remercié «les Américains, les peuples du monde», le nouveau président a repris ses messages habituels de campagne. Fidèle à une de ses expressions favorites, il a promis de «faire le boulot» («get the job done»). Avec lui, «les élèves retrouveront leurs connaissances», «les travailleurs, leurs emplois». Pour le nouveau président, le pays sera, à compter de ce jour, dirigé par une seule et même vision : «America first ! America first !»

 «LEURS VICTOIRES NE SONT PAS VOS VICTOIRES»

 Il dénonce, à l’autel du Capitole, la fracture entre l’establishment qui s’est enrichi pendant des années sans partager ses richesses. « Leurs victoires ne sont pas vos victoires », a-t-il lancé ce jour.

Sur la scène internationale, aucune mention des relations avec le Mexique, la Russie ou la Chine. Trump a simplement promis de lutter contre le «terrorisme islamique radical» et de «rétablir les frontières» des Etats-Unis. «Nous avons enrichi d’autres pays alors que la richesse, la force, la confiance du nôtre s’est dissipée à l’horizon », a-t-il  martelé, opposant son pays au reste du monde.

C’est avec son traditionnel «Make America Great Again !» («Rendons sa grandeur à l’Amérique !») a, sans surprise, terminé son discours.

 PREMIÈRES MESURES

 Le nouveau président des États-Unis Donald Trump a pris plusieurs mesures depuis son entrée à la Maison-Blanche qui vont de la proclamation du 20 janvier 2017 journée «patriotique» jusqu’à la construction d’un mur à la frontière du Mexique.

Premier décret contre Obamacare :  M. Trump signe un premier décret contre l’emblématique loi d’assurance santé « Obamacare » de son prédécesseur, ordonnant à son administration d’accorder le plus d’exemptions possibles à la réforme de 2010, détestée des conservateurs pour son coût et sa lourdeur, en attendant son abrogation par le Congrès.

Vers une renégociation de l’ALÉNA : M. Trump annonce qu’il va commencer à renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avec les dirigeants du Canada et du Mexique.

Retrait du TPP: Donald Trump signe l’acte de retrait des États-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP), dont l’administration Obama avait fait l’une de ses priorités. Vu comme un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine, ce traité a été signé en 2015 après d’âpres négociations par 12 pays d’Asie-Pacifique représentant 40% de l’économie mondiale. Mais le texte, qui va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières, n’était pas encore entré en vigueur, en l’absence de ratification par le Congrès américain.

Coupure des fonds aux ONG pro-avortement: décret interdisant le financement, par des fonds fédéraux, d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement.

Décret gelant les embauches des fonctionnaires au niveau fédéral qui ne s’applique cependant pas au personnel militaire, suivant sa promesse de « curer le marigot » en réduisant le nombre et le statut des fonctionnaires.

Relance de projets d’oléoducs controversés : Donald Trump redonne vie au projet du gigantesque oléoduc Keystone XL reliant le Canada aux États-Unis, dont la construction avait été bloquée par M. Obama au nom de la lutte contre les changements climatiques. Long de 1900 kilomètres, dont 1400 aux États-Unis, le projet Keystone XL vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l’Alberta (ouest) jusqu’au Nebraska (centre des États-Unis) d’où il pourrait rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.  Décret ouvrant la voie à la construction  Décret anti-immigration de Donald Trump, qui vise donc sept pays à majorité musulmane : l'Irak, l'Iran, la Libye, la Somalie, la Soudan, la Syrie et le Yémen. Vendredi 3 février, un juge fédéral de Seattle décide de bloquer le décret. Le juge Robart, nommé par l'ex-président républicain George W. Bush, a été saisi par deux plaignants principaux, à savoir l'Etat de Washington et le Minnesota.

 Synthèse Emilienne N. Soué

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