EDITORIAL N°47

EDITORIAL N°47

Par Emilienne N. Soué

Déstabilisation du pays : On s'arrête, on réfléchit!

Lundi 24 août 2020 à Yaoundé au siège du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto donne une conférence de presse. Lors de l’échange avec les hommes de médias, il estime que l'exécutif ne peut pas organiser les élections régionales sans la pacification des régions anglophones.

Il menace d’ailleurs de demander au peuple de descendre dans la rue si sa doléance n’est pas prise en compte. Les manifestations prévues par Kamto visent à contraindre le président Biya à démissionner, pour n’avoir pas réglé la crise anglophone et n’avoir pas procédé à la révision du Code Electoral. Le 22 septembre 2020, une date et un jour censés être gravés dans le marbre des faits politiques du Mrc. Un coup de tonnerre de plus du leader du Mrc!  Coût de tonnerre parce qu'on ne s'attendait pas à cela, car on a cru que l'homme, un temps, s'était mis au vert, contraint par la pandémie du Covid19, - comme la plupart de nous tous d'ailleurs! - pour s'éloigner des soucis de la vie de tous les jours, planter des roses, effeuiller les marguerites, copuler dans la paille, oublier la présidentielle 2018 et se refaire une santé, physique, mentale et idéologique. Il n'en est rien! Il prend au bond la convocation présidentielle du corps électoral pour les élections régionales pour brandir sa menace insurrectionnelle. Sauf que l'homme perd de sa superbe et de sa prestance intellectuelle et idéologique. La désapprobation totale du pays prend de l'ampleur à l'égard de l'appel à la désobéissance civile et du renversement de nos institutions. Les "followers" s'amenuisent comme peau de chagrin.

La menace secoue comme une onde de choc tout le landernau politique et l'intelligentsia. Un coût d'éclat de plus, car l'homme nous y a habitués. De la déclaration de sa victoire avant la fin des décomptes et la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel, en passant par les manifs illégales et la chaise vide aux élections législatives et municipales. L'on n’est plus une fanfaronnade près de l'homme du 7 octobre 2018. Il y puise sa subsistance.

Le 22 septembre 2020, les marches ont bien eu lieu. Le gouvernement par la voix de son porte-parole, le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi avait pris la précaution de mettre en garde contre les appels à l’insurrection et au renversement des institutions initiés par le Mrc qu’on ne nomme plus. Il rappelait également que ces faits étaient prévus et réprimés par le code pénal et la loi N°2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme.

Lorsqu'une insurrection éclate dans un Etat, il est de principe qu'il appartient premièrement et prioritairement à ce dernier en tant que victime, de mettre en œuvre tous les voies et moyens, et développer les mécanismes permettant de résoudre ce conflit pour un retour à la paix. Il peut arriver que l’insurrection porte atteinte à la sureté de l’Etat, car sont alors commis les crimes et délits tendant à substituer à l'autorité de l'Etat, une autorité illégale menaçant la défense nationale ou portant atteinte à l'intégrité du territoire (renversement des institutions ou séparatisme au NOSO). Il y a ici violation du principe de l’unité, violation du droit à la vie, du droit à la libre circulation, des droits sociaux économiques etc.

Les réponses de l‘Etat sont  soit le recours à la force, car l’Etat dispose d'un droit de légitime défense contre les insurgés. Elle est consacrée par l'article 51 de la Charte des Nations Unies qui parle d'un « ... droit naturel de légitime défense (...), soit les sanctions pénales avec l’incrimination des faits et la détermination des peines applicables. Il est donc question de s’arrêter et de réfléchir avant tout acte insurrectionnel!

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