Prévoyance sociale : Que faut-il attendre de la conférence de Yaoundé sur la retraite ?

Le 27 juillet dernier Yaoundé accueillait le 1er forum international de la Conférence inter africaine de la Prévoyance sociale sur les retraites. Les facteurs et des contraintes qui menacent la viabilité financière des systèmes de retraite étaient au menu.           

C’est  le Premier ministre camerounais en la personne de Philémon Yang qui présidait les travaux du premier forum sur la retraite en zone de la Conférence inter africaine de la Prévoyance sociale (Cipres) comme pour souligner toute l’importance de ces assises. Jusqu’au 29 juillet 2016, l’objectif de la rencontre se proposait d’approfondir l’analyse des facteurs et des contraintes qui menacent la viabilité financière des systèmes de retraites au sein de la Zone Cipres et de proposer des approches et des stratégies pertinentes de réforme. Pour le dire autrement, ces travaux de Yaoundé qui ont duré trois jours avaient la prétention d’effectuer la revue-diagnostic des systèmes de retraites de la zone Cipres,  la recherche de l’approche axée sur la vision multi-piliers intégrant les complémentaires retraites dans la zone Cipres, ou encore l’identification des approches sur les réformes des systèmes de sécurité sociale visant à étendre la couverture des retraités aux secteurs informels et offrir des prestations de retraites descentes, selon les formules employées officiellement.

Mais que faut-il attendre de ces travaux dans  un « contexte où il devient urgent d’analyser les facteurs et les contraintes qui menacent la viabilité financière des systèmes de retraites ou encore d’accompagner le retraité psychologiquement et socialement à travers des ateliers » comme on le faisait remarquer au Cipres?

La portée qui a voulu être impulsée aux travaux de Yaoundé s’est aussi traduite par la présence de ministres de Travail de la région ainsi que celle des directeur généraux des caisses et fonds chargés de la sécurité sociale dans les 14 pays de la zone Cipres.

LA RETRAITE COMPLÉMENTAIRE

Au centre des débats, la problématique  de la retraite complémentaire a été analysée dans le train des réformes en cours, des systèmes de retraites dans la zone Cipres. Celle-ci a été présentée comme  «  la pension complémentaire qu’un salarié perçoit lors de son départ à la retraite, après avoir été soumis à des cotisations autres que celles du régime obligatoire de sécurité sociale de chaque pays ». Dans cette occurrence, les experts ont planché sur les facteurs susceptibles de concourir à la création des régimes de retraite complémentaires. Ils ont par ailleurs analysé les problèmes liés à leur gestion financière sur la base de la présentation des résultats d’une étude comparative sur la gestion de la retraite complémentaire sur la base de l’expérience ivoirienne.

La Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf) qui était présente aux travaux a jeté un regard critique sur le débat permettant ainsi de mieux cerner les problèmes spécifiques relatifs à la retraite complémentaire, non seulement dans le secteur des assurances, mais aussi de façon globale.

Pour Denis Chemiller-Gendreau, expert-partenaire des organismes de sécurité sociale (OSS) africains en matière d’extension de la protection sociale des populations du continent, la retraite complémentaire doit  s’inscrire dans la continuité des réformes audacieuses des différents régimes de la zone Cipres. Cependant, sa mise en place devrait être conditionnée par le respect strict d’une feuille de route qui prend en compte cinq exigences : un cadre normatif, le défi informatique, l’actuariat, une gestion financière rigoureuse et une communication permanente, une organisation interne ainsi que des ressources humaines. Toutes choses qui permettront à la Cipres d’être le « chef d’orchestre de l’innovation vers la retraite complémentaire capitalisée », a-t-il précisé.

Pour revenir sur l’exemple ivoirien, le directeur de la Qualité et Etudes de la CNPS de Côte d’Ivoire, Traoré Adama, quant à lui, a indiqué que les textes de son pays favorisent une cohésion de tous les partenaires sociaux en l’occurrence les secteurs public et privé. Ceci, pour définir « un pallier » complémentaire par capitalisation obligatoire avec comme objectif, obtenir 60% des revenus. Mais le problème demeure dans l’application. Dès lors, le système actuel de retraite complémentaire présente la difficulté d’être limité dans sa mise en place, à cause de son manque d’attractivité. D’où l’urgence de créér un produit de retraite complémentaire obligatoire par capitalisation à cotisations définies, en complément du régime de base fonctionnant par répartition et à prestations définies.

A sa suite, l'expert de la Fanaf, Protais Ayangma, a proposé qu’un nouveau souffle soit donné aux systèmes publics de pensions jugés inefficaces dans la lutte contre la pauvreté des personnes âgées, en mettant un accent particulier sur le cas des pays de la Conférence interafricaine des marchés des assurances (Cima).

Des positions pratiquement en phase avec celles des autres experts, dans leurs contributions au débat. Aussi a-t-il été recommandé que les gouvernements et la Cipres encouragent et soutiennent les organisations de la société civile, qui offrent des services non financiers sur le marché de la protection sociale. De même, certaines orientations stratégiques pour la réforme méritent d’être prises en compte, à savoir : une réforme systémique et une réforme tournée vers une gestion de type privé.

A LA DÉCOUVERTE DE LA  CIPRES

Cette rencontre que Yaoundé vient d’abriter a été aussi l’occasion de mettre en avant la Conférence Inter africaine de la Prévoyance Sociale. Celle-ci a été créée le 21 septembre 1993 à Abidjan en Côte d’Ivoire conjointement par les mnistères des Finances et ceux en charge de la Prévoyance Sociale. Ses missions consistent à fixer les règles communes de gestion, à instituer un contrôle de la gestion des Organismes de Prévoyance Sociale, à réaliser des études et élaborer des propositions visant à l’harmonisation des dispositions législatives et réglementaires applicables aux organismes et aux régimes de prévoyance sociale . En outre, la Cipres a pour rôle de faciliter la mise en oeuvre, par des actions spécifiques au niveau régional, d’une politique de formation initiale et permanente des cadres et techniciens des Organismes de Prévoyance Sociale des Etats membres.

Il est clair que les Etats africains au nombre desquels des membres de la Cipres doivent plus que jamais essayer de copier les pays comme le Brésil, la Chine et l’Inde qui, en quelques années seulement, sont passés de pays en voie de développement à pays ‟émergentsˮ, ces pays se sont fixés comme objectif de devenir émergents à des horizons variés.

Quoiqu’il en soit, tout Etat africain peut demander à devenir membre de la Conférence. A cet effet, il adresse sa demande au Conseil des Ministres, lequel se prononce à l’unanimité. C’est ainsi, qu’à sa demande, le Conseil a admis en sa session ordinaire du 27 février 2009, la République Démocratique du Congo au sein des Etats membres de la Conférence.

Auparavant, ont ratifié le traité instituant la Cipres, les gouvernements du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la République Centrafricaine, de la République Fédérale Islamique des Comores, de la République du Congo, de la Côte d’Ivoire, de la République Gabonaise, de la République de la Guinée Équatoriale, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Tchad et de la République Togolaise.

Daniel Ebogo    

 

 

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