Profession de notaire : un métier de privilégiés

Auxiliaire de justice à part entière, le métier de notaire reste pourtant mal connu et  très peu  accessible au Cameroun.

Le notaire est au même titre que les huissiers et les commissaires priseurs, un officier ministériel qui concourt à une bonne administration de la justice. Il se charge notamment des actes dits notariés, c'est-à-dire qui nécessitent l'authentification d'une autorité assermentée  garantissant  ainsi l'intégrité de ces actes, notamment en cas de recours devant une quelconque juridiction. Ces actes sont entre autres des mandats de représentation ou procurations, des actes de vente ou de cession de biens mobiliers et immobiliers, la conservation des testaments… On peut dès lors comprendre la volonté de l'Etat de maîtriser l'accès à cette profession qui se veut pourtant libérale. Il n y a qu'à revisiter les conditions d'accès au Cameroun qui sont au mieux sélectives et au pire "discriminatoires". Les postulants à la profession doivent être titulaires d'une licence en droit ou d'un diplôme équivalent délivré par une école de notariat à l'étranger. Ils devraient postuler dans une étude de notaire pour un stage de 3 ans à l'issue duquel ils subissent un examen de fin de stage. En cas de réussite, ils deviennent 1er clerc de notaire et devront effectuer une année complémentaire chez leur parrain respectif avant de se voir attribuer une attestation de fin de stage. Cela ne suffit pas ; il faudra qu'ils adressent une demande de nomination à une charge au ministère de la Justice et attendre le décret présidentiel. Au Cameroun l'attente dure souvent 15 ans.

Ce parcours du combattant est visiblement de nature à décourager nombre de jeunes qui voudraient embrasser cette carrière et ceux qui osent doivent s'armer d'une bonne dose de patience ; pourtant, c'est une profession qui nourrit son homme dans la mesure où la rémunération n'est pas librement   négociée entre le notaire et le client comme chez les avocats. Les tarifs sont officiels  et relèvent du décret n° 95/038 du 28 février 1995. Ainsi, pour encourager  les jeunes diplômés de plus en plus nombreux, la chancellerie peut, tout en maintenant sa tutelle alléger un tant soit peu les conditions d'accès. Elle peut par exemple supprimer l'année complémentaire chez le parrain  ou réduire le temps d'attente pour l'attribution d'une charge comme c'est le cas notamment chez les avocats et dans une moindre mesure chez les huissiers. Cela permettra à coup sûr de résorber plusieurs problèmes : le chômage des jeunes diplômés, l'engorgement des cabinets de notaires, les charges non pourvues de titulaires etc.

Belmond Didier Mbiangoup

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