Elections présidentielles sénégalaises

Une leçon pour l’Afrique

Les urnes ont sanctionné la présidence d’Abdoulaye Wade au Sénégal le dimanche 25 mars 2012. Le Nouveau chef d’Etat s’appelle Macky Sall. Dans le même temps, au Mali, des putschistes ont renversé le président élu démocratiquement Amadou Toumani Touré.


Macky Sall, le nouveau président du Sénégal  a prêté serment le lundi 2 avril dernier après avoir remporté haut la main les élections présidentielles au second tour avec un taux de près de 65% de suffrage.
Ex-homme de confiance du président Wade, Macky Sall, ingénieur géologue passé par l'Institut français du pétrole, est son ministre des Mines de 2001 à 2003, puis de l'Intérieur en 2003 et 2004.   
Il nommé Premier ministre entre 2004 et 2007. Il faut rappeler que, Macky Sall côtoie Abdoulaye Wade depuis 1988, quand ce dernier était encore dans l'opposition. Le disciple devient directeur de campagne de Wade lors de la présidentielle de 2007, mais après la réélection, il n'est pas reconduit à la tête du gouvernement et se voit attribuer la présidence de l'Assemblée nationale.  
Pour être élu, le nouvel homme fort de Dakar a certes  a obtenu le ralliement des douze candidats battus du premier tour qui voulaient barrer la route au président sortant Abdoulaye Wade dont ils jugeaient la candidature "anticonstitutionnelle" après deux mandats à la tête du Sénégal.  Il a également bénéficié du ras-le-bol de la jeunesse sénégalaise fédérée autour  du slogan « Yen a marre ».
Néanmoins,  avec noblesse, après une décennie de règne, Wade fait revivre au monde une tradition inaugurée en l’an 2000, à la faveur d’une alternance exemplaire. Comme le fit alors l’actuel secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf, le « Gorgui », -Le Vieux, en wolof - a dès le dimanche 25 mars  au soir,  reconnu sa défaite et félicité par téléphone son adversaire, devenu vainqueur.
Il faut reconnaître que le modèle démocratique  sénégalais a failli se diluer dans  les dérives autocratiques  imputées au clan Wade : la réforme de la constitution, les tentatives d’installer son aîné et héritier présomptif Karim dans le fauteuil de vice président ; les émeutes de l’électricité du 27 juin 2011 ;  la présumé coup de fil dans la nuit du 27 au 28 juin à l’avocat franco-français Robert Bourgui, pour lui demander d’intercéder en vue d’une intervention de l’armée françaises afin de mater la rébellion. Affaire révélée au journal l’Express par ce dernier et aussitôt démentie par le clan Wade. Il ya eu après cela, la lettre de Karim Wade aux Sénégalais dans laquelle il nie toute velléité de dévolution monarchique au pouvoir.
Tous ces malaises ne pouvaient qu’à aboutir au rejet d’Abdoulaye Wade.  Wade l’a compris, il l’a accepté et la démocratie est sauve.
Mais peut-on en dire autant dans le Mali voisin au moment où, au mépris de la constitution,  une junte militaire renverse le président  Amadou Toumani  Touré  à un mois du premier tour de l’élection présidentielle qui auront lieu  jours de la fin de son mandat ?
Pour  justifier leur  pronunciamiento, les rebelles invoquent l’échec de la lutte contre la rébellion touarègue et la restauration de la démocratie?
Ce coup de force non légitimé par le peuple et l’opinion internationale a plutôt créé un chaos profitant aux insurgés touareg, qui progressent dans la prise du pays. A quoi pensait cette junte impréparée en prenant les règnes d’un Mali aux prises avec un irrédentisme chronique de nature à porter atteinte à l’intégrité du pays?
Les putschistes maliens brillent par leur amateurisme et la junte ne peut se prévaloir d'aucun ralliement significatif à Bamako, en témoigne la naissance d'un Front anti-putsch.

Marius Nguimbous

 

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