COOPERATION DECENTRALISEE

Pour une gestion décentralisée des forêts communales d’Afrique centrale

L’hôtel Hilton de Yaoundé a abrité du 3 au 6 mai 2011 le premier Congrès des Forets communales d’Afrique Centrale. Un événement qui a permis aux parties prenantes de promouvoir la gouvernance des forets par les collectivités locales en Afrique centrale, dans un contexte de  décentralisation et  de coopération internationale pour lutter contre les effets des changements climatiques.

 

Le Congrès  était sous le patronage du chef de l’Etat son Excellence Paul Biya, représenté par le Ministre des Forets de la Faune et de la Pêche, le Pr. Elvis Ngolle Ngollé.  UIn événement organisé par le Minfof en partenariat  avec l’Association  des communes forestières du Cameroun (ACFCAM) et  (Communes Forestières (COFOR International)..

Cette 1ère rencontre sur la gestion décentralisée des ressources naturelles en Afrique Centrale rassemble tous les acteurs de la gouvernance communale des ressources naturelles : les élus locaux, les administrations de tutelle ou référentes, les organismes intergouvernementaux, les bailleurs de fonds, les chercheurs, les universitaires et les ONG. Ce congrès présente des exemples concrets de gestion décentralisée des forêts. Ces initiatives sont portées par des élus, membres d’associations nationales de communes forestières qui sont elles‐mêmes membres de l’association COFOR‐ International

(Cameroun, Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, France).

« Ce forum épouse comme l’a souligné le Minfof lors de son allocution, l’esprit du plan de Convergence de la commission des forets d’Afrique centrale (COMIFAC) ». Pour le ministre en charge de l’administration des Forêts et de  la Faune,  cette initiative se situe dans le prolongement des actes du  premier Sommet des chefs d’Etats d’Afrique centrale sur la gestion durable des écosystèmes forestiers de mars 1999 à Yaoundé. Il faut préciser qu’au Cameroun, la gestion des écosystèmes forestiers s’accorde avec une plus grande implication des populations locales. Cela se traduit, par le transfert  aux collectivités décentralisées de la gestion des redevances forestières et fauniques, une participation réelle des populations locales  dans la création et la gestion des forets communautaires et communales et la possibilité pour ces populations de jouir effectivement de leurs droits ancestraux pour des besoins de survie quotidienne.

 

LES INTERVENANTS

 

Les parties prenantes à ce premier congrès s’accordent sur la nécessité de promouvoir la gouvernance forestière des forets par les collectivités locales. A cet effet, pour le président de COFOR International Jean Claude Monin, « cette initiative est fondée sur une conviction : les forets seront préservées de la dégradation et les investissements forestiers ne seront productifs qu’à condition que les populations riveraines de ces forets, représentés par leurs  élus, participent aux décisions, et soient associés à la gestion de ces forêts et en être les premières bénéficiaires des revenus forestiers ».  Il faut souligner que les associations des communes forestières du Cameroun et de France sont membres fondateurs de COFOR‐International qui a pris l’initiative de réunir ce congrès grâce à l’appui du Ministère des forêts du Cameroun, sous l’égide de la COMIFAC.

Le président des Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), M. Emile Andze Andze , maire de Yaoundé premier, n’a pas manqué de relever, quant à lui, dans son allocution, que  « Ce congrès devrait également favoriser l’harmonisation des interventions entre les communes d’Afrique Centrale, qui sont liées par la géographie, l’histoire, la sociologie, mais aussi par les mêmes défis dont celui lié à la gestion raisonnée du non moins important massif forestier du bassin du Congo, le deuxième plus important au monde après celui del’Amazonie » les Communes et Villes Unies du Cameroun CVUC), est un mouvement municipal organisé sur une base unitaire et décentralisée, dont l’Association des Communes Forestières du Cameroun (ACFCAM) est l’un des regroupements thématiques. Le représentant des magistrats municipaux n’a pas manqué de saluer la volonté politique du gouvernement camerounais d’accélérer le développement et la dynamisation des collectivités territoriales décentralisées  au  travers des lois de 2004 par le transfert de compétences, parmi lesquelles celles relatives à la gestion des forets communales et à la protection de l’environnement.

 

L’ENCADREMENT JURIDIQUE

A la suite du maire Emilie Andze Andze, le président de l’AFCAM, Janvier  Moungui Sossomba pense que « la promotion de la foresterie n’est pas un fait du hasard ; elle repose sur des textes législatifs dont les principaux sont la Loi de janvier 1994 portant régime des Forêts, de la Faune et de la Pêche qui instaure la Foresterie Communale assise dans le domaine forestier permanent ; la Loi de juillet 2004 dite loi d’orientation de la Décentralisation qui prévoit le transfert de compétences aux Communes en matière de gestion des ressources naturelles ». Ainsi, à la faveur de ces lois, des communes peuvent s’engager à la création des bois communaux, et à la gestion rationnelle de la coupe des bois de chauffe dans la partie septentrionale du pays et la génération par plantation dans la partie méridionale du territoire.  Le MINFOF a signé avec l’ACFCAM, un protocole d’accord d’assistance et de contrôle des activités menées  par l’association.  Le FEICOM, véritable banque des Communes a également signé avec l’ACFCAM un protocole d’accord soulignant la spécificité de l’exploitation forestière et de la Sylviculture. La signature d’une convention spécifique avec le MINEP était aussi au menu de ce congrès.

Au niveau régional, l’harmonisation des politiques forestières en Afrique Centrale ne pourra pas se faire sans le partage des expériences réussies et une concertation permanente. La Commission des Forêts d’Afrique Centrale par la voix de son secrétaire exécutif, Raymond Mbitikon encourage l’ensemble des pays de l’Espace COMIFAC, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, à insérer dans leur législation cette nouvelle approche de la forêt communale. « La tenue de ce congrès qui se tient en cette année 2011, année déclarée année Internationale des forêts par les Nation Unies, est une des preuves de la volonté de nos pays à œuvrer de manière concertée pour sauvegarder les écosystèmes de la sous région par l’implication de tous les acteurs concernés » a-t-il souligné.  « La rencontre de Yaoundé devra être une occasion pour tous les participants à ce congrès d’échanger sur les rôles que les forêts, de manière générale, et les forêts communales en particulier peuvent jouer dans le changement climatique et la lutte contre la pauvreté dans notre sous région » a-t-il conclu.

Ce premier congrès des forets communales aura mobilisé non seulement les partenaires (ministères, Etats, GIZ, FEICOM, PNDP, COMIFAC, PRSF etc.) les coorganisateurs du congrès (MINFOF, AFCAM, et COFORI International et des personnes ressources REPAR,  MINEP, FAO, WWF, SNV et des associations de communes forestières africaines (Benin, Côte ‘d’Ivoire, Burkina Faso, ou autres (Europe, Québec), mais aussi les experts, les chercheurs et enseignants).

Marius Nguimbous

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