Braconnage

14 défenses d'ivoire saisies des mains de 12 braconniers dans le Sud-est du Cameroun.

Les 12 braconniers ont été arrêtés et sont actuellement en détention dans le Sud-est du Cameroun, en Afrique Centrale. Les 14 défenses d’éléphant qu’ils avaient en leur possession ont également été saisies. Les opérations ont été effectuées par les gardes forestiers, près des parcs nationaux de Boumba-Bek et Nki, et ce grâce à la vigilance des groupes composés des populations locales, créés par le Fonds Mondial pour la Nature (WWF).

 

Une opération anti-braconnage parallèle, impliquant les éco gardes des deux parcs, a également conduit à la saisie de six armes à feu et de 30 kilogrammes de viande d’éléphant. Il semblerait que deux autres suspects se soient échappés. L’ivoire a été mis sous scellé et les braconniers sont en attente de leur procès dans les prisons de Yokadouma et d’Abong Mbang, les deux chefs-lieux de la région.

Selon une enquête réalisée en 2006 par WWF, les deux parcs nationaux contigus Boumba-Beket Nki disposent d’une population d’éléphants de forêt estimée à 4000 individus. Mais les éléphants dans ces aires protégées sont sous pression constante, dues à la présence des braconniers au Cameroun et chez son voisin le Congo Brazzaville.

Achille Mengamenya, gardien du parc de Boumba-Bek, révèle que les 12 suspects opéraient dans la zone depuis mars 2011 et avaient échappé aux autorités à plusieurs reprises. " Les enquêtes préliminaires montrent que ce groupe de braconniers a des liens très forts avec un groupe similaire basé à Souanké, au Congo Brazzaville. Mais ils abattent surtout les éléphants dans le parc national de Nki, ",  dit Achille. "Avec la complicité de certaines populations locales, l’ivoire est subrepticement transporté à Douala (Littoral), en passant par Messok et Lomié dans la région de l'Est du Cameroun," explique le gardien. "Quatre braconniers arrêtés en décembre 2011 en possession de 44 défenses d'ivoire près du parc national de Lobéké ont également attesté avoir des complices à Souanké. Il est clair que la lutte contre le braconnage dans les zones frontalières entre le Cameroun, le Congo et la République Centrafricaine, doit être plus accrue afin de sauver la population restante d’éléphants dans la région », a déclaré Achille.

Ces arrestations interviennent après le massacre de plus de 200 éléphants dans le nord du Cameroun par des braconniers à cheval. Après cet incident, WWF avait exhorté le Gouvernement du Cameroun à accentuer les efforts de la lutte anti-braconnage et à s'assurer que les suspects soient jugés et punis conformément à la loi.“Après le tollé international suscité par le massacre de Bouba Ndjida, il est temps de mettre un terme à cette activité insensée qui motive le commerce de la biodiversité de l'Afrique ”, explique David Hoyle, Directeur de la Conservation de WWF au Cameroun.

“En 2010,le Directeur Général de WWF International, Jim Leape, a adressé une lettre au Premier Ministre du Cameroun, attirant l'attention sur la recrudescence du braconnage des éléphants dans le Sud Cameroun, en utilisant des armes de guerre, ” rappelle Natasha Quist, Représentante Régionale de WWF en Afrique Centrale, qui regrette que “ le récent et horrible massacre des éléphants de Bouba N'Djida, dans le nord du pays, en l'espace de deux mois,  montre la rapidité de la décimation de la population d'éléphants au Cameroun. ”

“Nous espérons voir de plus solides approches locales et régionales, ainsi que des plateformes de collaboration pour lutter contre le braconnage et le trafic d'ivoire en Afrique Centrale. WWF exhorte tous les participants qui seront présents à l’Atelier Sous régional pour l'Afrique Centrale sur le trafic d'espèces animales et le démantèlement des réseaux illicites transnationaux, qui se tiendra à  Libreville (Gabon) du 3 au 4 avril, ceci afin d’en sortir avec des résolutions concrètes et réalistes qui pourraient être mises en œuvre immédiatement pour arrêter le carnage, " ajoute Natasha.

Depuis plus de 12 ans maintenant, WWF a apporté un soutien essentiel au Ministère de la Forêt et de la Faune du Cameroun dans la lutte contre le braconnage et particulièrement contre le trafic d'ivoire dans le sud-est du pays. Le soutien logistique et financier a été fourni afin de recruter, équiper et former des écogardes, et de mener des opérations anti-braconnage sur le terrain.

Source WWF Central Africa Regional Programme Office, CARPO

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